L’AMOUR À TRAVERS LE TEMPS : DES RETROUVAILLES ÉMOUVANTES 75 ANS PLUS TARD
Tout le monde rêve de trouver sa moitié, son âme sœur, un véritable partenaire avec qui il est facile de parcourir la vie. Kare Troy Robbins a eu beaucoup de chance : il est tombé amoureux de la fille idéale alors qu’il était jeune, et elle lui a rendu son amour. Ils auraient pu vivre longtemps et heureux et mourir le même jour, mais le destin, comme on le sait, a ses propres plans. Il leur était apparemment destiné de se séparer, et d’attendre pas moins de 75 ans avant leurs retrouvailles. Mais les sentiments, eux, n’ont en rien faibli… En pleine Seconde Guerre mondiale. Un soldat américain de 24 ans et une Française de 18 ans, belle et pleine de charme. C’était le moment le moins « approprié » pour tomber amoureux. Ils se sont rencontrés dans la ville française de Briey, où Robbins avait été envoyé en cantonnement. S’il avait été envoyé ailleurs, il n’aurait jamais croisé le chemin de Jeannine Ganaye. Comment ne pas croire au destin des rencontres ? Les amoureux parlaient des langues différentes et ne se comprenaient pas toujours. Mais a-t-on jamais réussi à exprimer de vrais sentiments uniquement avec des mots ? Les émotions, les gestes, les parfums en disent bien plus sur l’amour. Tout le « congé » militaire de Kare, ils l’ont passé ensemble et ont même eu le temps de faire des projets d’avenir commun. Cela peut sembler précipité, mais en ces temps où chaque jour était comme assis sur un baril de
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poudre, pourquoi attendre ? Moins de deux mois plus tard, Robbins a été envoyé d’urgence sur le front de l’Est, laissant à sa bien-aimée seulement une photo et une promesse : « Je reviendrai et je t’emmènerai avec moi. » Et Jeannine a attendu, apprenant des phrases simples dans une autre langue, car l’idée de devenir Américaine sans parler anglais ne l’enchantait guère. Mais Robbins n’est jamais revenu. Après la guerre, il est rentré chez lui et a rencontré une autre femme, avec qui il a vécu jusqu’à sa mort, soit 70 ans. De son côté, Jeannine a elle aussi construit sa vie : elle s’est mariée, a changé de nom, est devenue mère de cinq enfants, puis veuve. Kare a vécu une vie riche et pleine, mais il a toujours été hanté par le souvenir de cette jeune Française dont il a gardé la photo pendant 75 ans. Robbins était convaincu que Jeannine était morte, et il n’a donc jamais essayé de la retrouver. Cette histoire touche en plein cœur, il n’est pas surprenant que les journalistes à qui le vétéran de 97 ans l’a confiée aient voulu l’aider. Ils ont retrouvé Jeannine et ont organisé des retrouvailles dans une maison de retraite, à une quarantaine de kilomètres du lieu de leur première rencontre. Ils se sont immédiatement reconnus et, se jetant dans les bras l’un de l’autre, se sont avoué leurs sentiments. À nouveau dans deux langues différentes, comme 75 ans plus tôt, car Jeannine n’a jamais appris l’anglais. Robbins lui a montré la vieille photo ; la femme n’a pas tout de suite compris ni cru que c’était bien elle dessus. Le couple a longuement parlé, et au moment de se quitter, Kare lui a promis qu’ils se reverraient. Espérons que, cette fois-ci, il tiendra parole. Cette touchante histoire d’amour, à travers la guerre, les années et la distance, mérite d’être connue de tous.